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Jack Lang, la pédophilie et la
présomption d’innocence : bravo Jean-Michel Apathie (RTL) !
Mis en ligne le 22
décembre 2005
Depuis le lancement de
Media-Ratings en juin 2004, nous n’avons cessé de critiquer la complicité qui
existe entre les journalistes et le personnel politique français.
Toutefois, Jean-Michel
Apathie, interviewer sur RTL le matin entre 7h50 et 7h58, est un de ceux qui
ose sortir de ce cercle de connivence, qui rend les journalistes complaisants
avec les politiques, qui en retour les protègent lorsqu’ils en ont la
possibilité.
Le mercredi 21 décembre 2005, Jack Lang en a été la « victime ».
Tout au long
d’un entretien soutenu, Jean-Michel Apathie a questionné M. Lang sur de
nombreux sujets et a conclu par l’échange suivant :
J-M Apathie : « En 2001, Jack Lang, vous
étiez ministre de l'Education. Et, à cette époque, le mari d'une institutrice
de maternelle, dans le Pas-de-Calais, avait été accusé de faits de pédophilie
sur des enfants dont sa femme avait la charge.
Vous aviez dénoncé, à l'époque, par écrit, je vous cite :
"les actes odieux et scandaleux commis par l'époux de la directrice".
Cet homme, Alain Hodique, 60 ans, vient d'être blanchi par la justice et il a
rappelé cette lettre que vous aviez écrit et qui, a-t-il dit, lui avait fait
mal. »
Jack Lang : « Je ne peux pas répondre, comme cela, à une question qui m'est
posée alors que je n'ai pas, sous les yeux, le dossier. »
JMA : « Vous vous souvenez de ce courrier, Jack Lang ? De
cette affaire ? »
JL : « Je ne m'en
souviens pas. »
JMA : « Vous avez lu cela, la semaine dernière ?
»
JL : « Excusez-moi,
je suis un garçon honnête et si je commets une erreur, je la reconnais. Si
j'avais commis une erreur, je la reconnaîtrais. Je m'engage à voir de près ce
dont il s'agit. Je ne connais pas ce dossier. Il n'est pas dans ma mémoire. »
JMA : « C'était la semaine dernière, dans les journaux.
Vous n'avez pas regardé ?»
JL : « Je ne l'ai
pas vu. Vous me l'apprenez à l'instant. »
JMA : « C'est vrai ? Je vous l'apprends ? »
JL : « Mais oui !
Bien sûr ! Et je vais regarder de près, et s'il y avait une erreur de commise,
naturellement, en plus, personnellement, je suis tellement un militant de la
présomption d'innocence, qu'effectivement, je me sentirais auteur d'une faute,
si c'était le cas. »
JMA : « Alain Hodique, 60 ans, disait la semaine dernière
qu'il attendait, de votre part, Jack Lang, des propos. Peut-être aurez-vous
l'occasion de les lui adresser. »
Remarquons que dans cet
échange, Jean-Michel Apathie a relancé à plusieurs reprises Jack Lang alors que ce dernier cherchait manifestement à éviter le sujet en prétendant ne rien
savoir sur ce dossier ; ce qui semble peu probable puisqu’il est directement concerné par cette
bavure judiciaire.
De plus, Jack Lang avait été poursuivi en violation de la
présomption d'innocence devant le tribunal correctionnel d'Arras. Le tribunal
s'était déclaré incompétent en avril 2002 et avait renvoyé l'affaire devant la
Haute cour de justice, Jack Lang étant protégé par sa fonction
ministérielle.
Par
ailleurs, notons que lorsque l’on cherche sur internet plus d’informations sur
cette affaire, on ne trouve presque rien, si ce ne sont deux liens.
Le premier
vers France 3 :
« Non-lieu
pour un homme soupçonné de pédophilie
France 3 -
15 déc 2005 ...
Alain Hodique, qui a toujours affirmé son innocence, actuellement dans le Gers,
a ... avocat a également demandé les excuses publiques de Jack Lang, ministre
de ... »
Mais en cliquant sur ce lien, on
s’aperçoit que cette page n’existe plus !
Aurait-elle été censurée
?
Le deuxième
lien est une dépêche de l’Associated Press – « Douai: non-lieu pour le mari d'une institutrice incarcéré pour
pédophilie » - où les faits sont rapportés de façon complète,
et le rôle de Jack Lang y est clairement mentionné. Toutefois,
cette page, qui était accessible jusqu’au 21 décembre 2005, a elle aussi
disparu.
Si la relaxe d’Alain Hodique a été quelque peu traitée par les
médias, notamment par Le Figaro du 15 décembre 2005, le rôle de Jack Lang a été
bien souvent occulté. Cela n’a pas été le cas dans Le Figaro du jeudi 22 décembre 2005 qui revenait sur ce
sujet et nous apprenait que l’affaire n’était pas close puisque le parquet
général s’est pourvu en cassation contre Alain Hodique. Le quotidien
national n’a, cette fois-ci, pas oublié de rappeler le rôle de Jack Lang dans cette
affaire.
Signalons aussi Le Parisien/Aujourd’hui en France et l’émission de
France 5, « Arrêt sur Images » du 18 décembre 2005, qui ont
admirablement traité cette affaire en rappelant le rôle qu’y a tenu Jack Lang.
Peut-on
alors imaginer que les autres médias se soient autocensurés, et n’aient pas
cité la contribution malheureuse de l’ancien ministre de la Culture à ce
lynchage médiatique, afin de ne pas l’irriter ?
On peut à juste titre s’interroger sur ce silence dans une affaire
où l’honneur d’un homme a été sali par les médias et par le ministre de tutelle
de l’époque.
Pour mémoire, rappelons que la biographie consacrée à Jack Lang,
parue en janvier 2004 - Docteur Jack et mister Lang – avait été
soigneusement ignorée par la quasi totalité des médias français,
en dépit des qualités intrinsèques de l’ouvrage rédigé par deux journalistes
chevronnés, Laurent Guimier et Nicolas Charbonneau.
Le fichier son de RTL Téléchargement J-Lang-RTL2005.mp3
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